comparaison de plusieurs camping car: Challenger, Chausson, Hymer, Roller Team

Moteur Ford sur Camping-car : quels sont les modèles à éviter absolument ?

Le porteur Ford Transit est une alternative séduisante au Fiat Ducato : position de conduite plus automobile, châssis dynamique et tarif souvent plus attractif. De nombreuses grandes marques de camping-cars (Challenger, Chausson, Hymer, Roller Team) l’ont utilisé massivement. Cependant, derrière cette façade séduisante se cache une histoire sombre qui a ruiné les vacances et les finances de milliers de camping-caristes à travers l’Europe. Si vous envisagez d’acheter un véhicule d’occasion, identifier le moteur Ford camping-car à éviter est une question de survie financière. Le scandale du bloc 2.2 TDCi, surnommé « Puma », et ses pistons qui lâchent sans préavis, est un cas d’école de vice caché.

Les infos à retenir

  • Le Moteur Maudit : C’est le 2.2 TDCi (type Puma) produit principalement entre 2007 et 2011 (Euro 4), et dans une moindre mesure jusqu’en 2014 (Euro 5).
  • 💥 La Panne : Une défaillance des injecteurs entraîne une surchauffe locale qui perfore ou fissure un piston. Le moteur s’emballe ou casse net, souvent entre 30 000 et 60 000 km.
  • 💸 La Facture : Les dégâts sont irréversibles. Il faut remplacer le moteur complet (échange standard). Coût : entre 8 000 € et 12 000 €.
  • Les versions sûres : Le 2.4 TDCi (propulsion) de la même époque est beaucoup plus robuste, tout comme le nouveau 2.0 EcoBlue (après 2016).

Le scandale du 2.2 TDCi « Puma » (2007-2014)

L’histoire concerne spécifiquement le porteur Ford Transit Mk7 équipé du moteur diesel 2.2 TDCi développant 130 ch ou 140 ch. Ce bloc, issu d’une collaboration avec le groupe PSA (on le retrouve sous une forme différente sur les Jumper/Boxer), a connu une série noire catastrophique chez Ford.
Le scénario est toujours le même : le camping-car roule sur autoroute à vitesse stabilisée, souvent autour de 110 km/h. Soudain, le moteur claque, perd de la puissance, fume blanc/bleu, ou s’emballe de manière incontrôlable. Le diagnostic tombe : piston percé ou fissuré.
Ce n’est pas une usure normale. C’est une rupture structurelle interne. Le métal du piston cède, entraînant la destruction du cylindre, de la culasse et parfois du turbo. Le moteur est bon pour la ferraille.

L’origine technique : L’injection en cause

Pendant des années, Ford a nié le problème, invoquant la qualité du carburant ou l’utilisation du véhicule. Les expertises indépendantes ont fini par isoler la cause : les injecteurs.
Sur cette série, les injecteurs (de marque Denso sur certaines versions) ont tendance à gripper ou à présenter un défaut de pulvérisation. Au lieu de brumiser le gazole, l’injecteur envoie un jet droit (« pisse ») ou reste ouvert trop longtemps. Ce jet de carburant agit comme un chalumeau sur la tête du piston. La température monte localement à des niveaux extrêmes, fragilisant l’alliage jusqu’à la rupture physique du piston.
Une autre théorie, validée par certains motoristes, met en cause une cartographie moteur trop pauvre pour passer les normes antipollution, augmentant la température de combustion dans les chambres.

Moteur Ford Transit 2.2 TDCi démonté montrant un piston percé, panne typique des camping-cars produits entre 2007 et 2011.

Quelles sont les années à risque ?

Si vous cherchez un camping-car d’occasion sur porteur Ford, soyez vigilant sur la date de mise en circulation, mais surtout sur la date de fabrication du porteur (qui peut être antérieure).

Zone Rouge (Danger critique) : 2007, 2008, 2009, 2010.
Les modèles de 130 ch et 140 ch de cette période (Euro 4) sont les plus touchés. Les casses interviennent souvent à des kilométrages ridiculement faibles pour un utilitaire (40 000 à 80 000 km), ce qui correspond à la fin de la garantie légale pour un camping-cariste moyen.

Zone Orange (Risque existant) : 2011 à 2014.
Avec le passage à l’Euro 5 (souvent reconnaissable au FAP), Ford a modifié des composants (pompe à huile, pistons renforcés). Le taux de casse a chuté, mais il n’est pas nul. Des cas de rupture de pompe à huile entraînant le serrage du moteur sont recensés sur les modèles 2012-2013.

Zone Verte (Fiabilité retrouvée) : Après 2016.
L’arrivée du moteur 2.0 EcoBlue (AdBlue) a marqué une rupture. Ce moteur, bien que connaissant quelques soucis d’injecteurs classiques (remplacement simple), ne souffre pas de la maladie du « piston percé ».

Comment se prémunir si l’on possède déjà ce modèle ?

Beaucoup de propriétaires actuels vivent dans la peur. Si vous avez un Ford Transit 2.2 TDCi de 2008, tout n’est pas perdu, mais il faut agir en prévention.

  1. Test des injecteurs : Ne vous fiez pas au bruit. Faites démonter et tester vos 4 injecteurs sur banc chez un dieseliste (pas juste un passage valise). C’est un coût (300-500€), mais cela peut sauver le moteur.
  2. Mise à jour calculateur (PCM) : Ford a sorti des mises à jour logicielles pour modifier la gestion de l’injection et éviter les surchauffes de pistons. Vérifiez en concession si votre porteur a reçu ces mises à jour (Action de service).
  3. L’additif carburant : L’utilisation de gazole de qualité (Premium) et d’additifs nettoyants injecteurs peut aider à prévenir le grippage, bien que cela ne répare pas un injecteur déjà défaillant.

L’avis de l’expert en recours automobile

« Le drame de cette affaire Ford, c’est le déni du constructeur. Contrairement à une voiture qui roule tous les jours, un camping-car casse son moteur souvent après 7 ou 8 ans, car il roule peu. Ford refuse alors toute prise en charge au motif de l’ancienneté, alors que le véhicule n’a que 50 000 km. Si vous achetez un Ford de cette époque, exigez une facture prouvant que le moteur a été changé par un échange standard récent, sinon passez votre chemin. »


Savoir distinguer le bon grain de l’ivraie

Il ne faut pas bannir Ford totalement. Les versions 2.4 TDCi (souvent en roues jumelées propulsion) sont robustes et épargnées par ce fléau spécifique. De même, les Transit récents sont d’excellents compagnons de voyage. Le piège se referme uniquement sur ce bloc 2.2 litres traction des années « noires ».


Foire Aux Questions (FAQ)

🔍 Comment savoir si mon moteur est concerné ?

Regardez votre carte grise. Si la puissance fiscale est de 7 ou 8 CV, la cylindrée (P.1) de 2198 cm³ et la date de première immatriculation entre 2007 et 2011, vous êtes dans la zone à risque maximal. Le type mine commence souvent par F.

🛠️ Combien coûte le remplacement du moteur ?

C’est exorbitant. Un échange standard (moteur reconditionné) avec turbo et injection neufs, plus la main d’œuvre, tourne généralement autour de 8 000 à 10 000 €. C’est parfois la moitié de la valeur vénale du camping-car.

⚖️ Y a-t-il eu un rappel officiel ?

Non, il n’y a jamais eu de rappel général de sécurité (Recall) pour changer les pistons préventivement, car Ford considère que ce n’est pas un organe de sécurité. Il y a eu des bulletins techniques et des reprogrammations discrètes lors des passages en atelier.

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