S’imaginer dormir à la belle étoile face à la mer turquoise, bercé par le chant des cigales dans la calanque d’En-Vau ou de Sormiou, est un rêve pour tout randonneur. Le cadre idyllique du Parc National des Calanques, entre Marseille et Cassis, semble taillé pour l’aventure nocturne. Pourtant, la réalité réglementaire est tout autre. Victime de sa surfréquentation et de son extrême fragilité face aux incendies, le massif est soumis à une législation draconienne. Le bivouac y est strictement interdit, toute l’année, sans exception. Voici pourquoi, et quelles sont les alternatives.
Les infos à retenir
- ⛔ Interdiction Totale : Le bivouac (dormir à la belle étoile) et le camping sauvage sont interdits sur l’ensemble du territoire du Parc National (terre et mer).
- 🔥 Le risque incendie : C’est la raison majeure. La végétation (garrigue) est sèche et le vent fréquent. Une présence humaine nocturne multiplie les risques de départ de feu accidentel.
- 👮 Les sanctions : Les gardes-moniteurs patrouillent (y compris la nuit et en bateau). L’amende forfaitaire commence à 135 € et peut grimper beaucoup plus haut en cas de feu.
- 🏨 Les alternatives : Il faut dormir dans les hébergements officiels (Auberge de jeunesse de la Fontasse, campings de Cassis/La Ciotat) ou à Marseille.
Pourquoi une réglementation si stricte ?
Le Parc National des Calanques est le seul parc national périurbain d’Europe. Il accueille des millions de visiteurs.
La pression anthropique est énorme. Si le bivouac était autorisé, même pour une poignée de randonneurs respectueux, les calanques se transformeraient chaque nuit en camping géant à ciel ouvert, avec les problèmes sanitaires (déchets, excréments) et de piétinement de la flore endémique (Astragale de Marseille) que cela implique.
Mais l’argument fatal est le feu. Le massif est classé rouge très souvent. Un réchaud mal stabilisé ou une cigarette nocturne peut détruire ce joyau en quelques heures. Par principe de précaution, personne ne dort dans le massif.
Les risques encourus (Amendes et Sécurité)
Ne pensez pas passer inaperçu en vous cachant dans une grotte ou sur une plage isolée.
- Surveillance : L’Office Français de la Biodiversité (OFB) et les éco-gardes effectuent des rondes régulières, parfois avec des jumelles thermiques ou depuis la mer.
- Le tarif : L’article R331-64 du Code de l’environnement punit le camping sauvage. L’amende est de classe 4 (135€). Si vous avez fait du feu (même un petit réchaud), c’est un délit passible de peines beaucoup plus lourdes.
- Sécurité : Dormir sur les plages expose aussi aux chutes de pierres (fréquentes à En-Vau) et aux sangliers qui descendent la nuit fouiller les sacs.

Où dormir légalement près des Calanques ?
Si vous voulez vivre l’expérience de la nature, il existe quelques options légales, bien que rares.
L’Auberge de Jeunesse de la Fontasse
Située en plein cœur du massif, sur le plateau au-dessus de la calanque de Port-Pin, c’est le seul hébergement « en dur » à l’intérieur du Parc. C’est une bâtisse écologique autonome en énergie. Il faut réserver très longtemps à l’avance. C’est l’expérience la plus proche du bivouac que vous pourrez trouver légalement.
Les Campings de Cassis et La Ciotat
Le camping « Les Cigales » à Cassis est le point de chute classique des randonneurs. Il est situé à l’entrée de la ville, permettant de partir à pied vers la Calanque de Port-Miou. Ce n’est pas du sauvage, mais c’est le meilleur compromis logistique.
L’Hôtel du Bois Joli (Fermé/En projet)
Il existait un hôtel au col de la Gineste, mais l’offre hôtelière dans le massif est quasi inexistante. Il faut se rabattre sur les Airbnb ou hôtels de Marseille sud (Luminy, Les Goudes).
L’avis de l’expert : Garde-moniteur du Parc
« Le bivouac n’est pas seulement interdit sur terre, il est aussi réglementé en mer. Les bateaux ne peuvent pas mouiller n’importe où pour la nuit (Zones de Mouillage et d’Équipement Léger – ZMEL). Pour les randonneurs, l’argument du ‘bivouac sans trace’ ne tient pas ici : la trace, c’est votre présence même qui dérange la faune nocturne et crée un risque incendie. Profitez des couchers de soleil, mais rentrez dormir en ville. »
Profiter des Calanques autrement
L’interdiction du bivouac oblige à repenser l’itinérance. La traversée des Calanques (Marseille-Cassis) se fait très bien en une grosse journée de marche (20-25 km). Vous pouvez partir tôt le matin, traverser le massif et dormir à Cassis le soir, sans avoir besoin de planter la tente. C’est sportif, mais c’est la seule manière légale de faire la « Grande Traversée ».
Foire Aux Questions (FAQ)
✅ Peut-on mettre un hamac pour la sieste ?
Le hamac est toléré en journée pour une pause, à condition de ne pas abîmer l’écorce des pins (utilisez des sangles larges, pas de cordes fines). Mais dès la tombée de la nuit, le hamac devient un bivouac et est interdit.
⛵ Peut-on dormir sur son bateau dans une calanque ?
Oui, mais uniquement dans les zones autorisées (ZMEL) ou hors des zones de protection renforcée, et souvent sur réservation (bouées) pour ne pas détruire la posidonie avec l’ancre. La réglementation maritime change souvent, vérifiez l’application « Donia ».
🏖️ Dormir sur la plage sans tente est-il autorisé ?
Non. Le règlement interdit « le camping et le bivouac sous toutes ses formes ». Dormir dans un duvet à la belle étoile sur les galets d’En-Vau est considéré comme du bivouac et est verbalisable.









