Skieur descendant une piste synthétique (Dry Ski Slope) en été, montrant le revêtement en brosses plastiques blanches

Le « Dry Ski » (Ski sur piste synthétique) : Skier toute l’année sans neige

Le terme « Dry Ski » (ou piste sèche) désigne la pratique du ski ou du snowboard sur des pentes artificielles recouvertes de matériaux synthétiques, permettant de glisser en l’absence totale de neige. Très populaire au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas (où les montagnes manquent), ce concept intrigue ou rebute les skieurs alpins habitués à la poudreuse. Pourtant, avec le réchauffement climatique et la raréfaction de l’or blanc, le ski sur revêtement plastique devient une alternative sérieuse pour l’entraînement estival ou l’apprentissage urbain. Sensations, équipement, risques : voici tout ce qu’il faut savoir avant de s’élancer sur le tapis brosse.

Les infos à retenir

  • 🧹 Le revêtement : Il existe deux types principaux : le « Dendix » (brosses en losange, dur et lent) et le « Snowflex/Neveplast » (tapis continu plus doux et glissant).
  • ⛷️ La technique : Le Dry Ski pardonne moins que la neige. La prise de carre doit être franche et le transfert de poids précis, sinon c’est la faute de carre assurée.
  • 🤕 La chute : Tomber sur du plastique fait mal (brûlures par friction). Le port de vêtements longs et de protections (gants, casque, dorsale) est indispensable, même par 30°C.
  • 🔧 Matériel : Utilisez de vieux skis. Le frottement use les semelles et chauffe les carres beaucoup plus vite que la neige.

Comment ça marche ? La physique de la glisse sèche

Sur la neige, le ski glisse grâce à une fine pellicule d’eau créée par la friction et la pression. Sur une piste synthétique, le principe est simulé.
Les revêtements sont constitués de milliers de fibres ou de picots en plastique. Pour réduire le coefficient de frottement, ces pistes sont souvent arrosées par des brumisateurs (Lubricated slopes). L’eau permet au ski de glisser sur le plastique sans fondre.
Les revêtements modernes comme le Neveplast tentent d’imiter la densité de la neige damée, permettant de planter la carre pour carver, là où les anciens revêtements en brosse (Dendix) ressemblaient plus à du ski sur de la glace vive (très fuyant).

Les sensations : Différentes mais formatrices

Soyons honnêtes : le Dry Ski n’offre pas la sensation de flottement de la poudreuse.

  • Le bruit : Le frottement du plastique génère un bruit de raclement constant assez fort.
  • La vitesse : C’est souvent moins rapide que la neige, sauf sur les revêtements très mouillés.
  • L’exigence technique : C’est le gros point fort. Sur une piste sèche, vous ne pouvez pas « déraper » ou « mettre en travers » aussi facilement que sur la neige. Si vous êtes trop en arrière (« à cul »), vous accélérez dangereusement. Le Dry Ski oblige à être bien positionné, fléchi et centré. C’est une école d’excellence : si vous savez skier sur du plastique, vous serez un roi sur la neige.

L’équipement : Protégez votre peau et vos skis

Ne venez pas en short et t-shirt, même en plein mois d’août !
Le revêtement synthétique agit comme une râpe géante en cas de chute. Les brûlures au second degré sont fréquentes sur les bras ou les jambes nus.

  1. Vêtements : Pantalon solide (vieux jean ou pantalon de travail) et manches longues. Gants obligatoires (pour ne pas se coincer les doigts dans les mailles du tapis).
  2. Protections : Casque, genouillères et protège-poignets (comme en roller) sont vivement conseillés.
  3. Les Skis : Le plastique génère une chaleur intense par friction. Cela peut « cramer » la semelle de vos skis haut de gamme. Utilisez des skis de location fournis par le centre ou une vieille paire « cailloux ». Les carres doivent être bien affûtées (très coupantes) pour accrocher le plastique dur.

L’avis de l’expert : Moniteur ESF sur stade artificiel

« Le Dry Ski est fantastique pour travailler le freestyle ou le slalom l’été. Par contre, il faut oublier le réflexe de ‘planter le bâton’ trop fort, car il peut se coincer dans le treillis ou ripper. C’est une glisse plus physique. Une heure de ski sur plastique équivaut à trois heures sur neige en termes de fatigue musculaire, car les vibrations sont constantes. »

Où pratiquer le Dry Ski ?

En France, la pratique est marginale (Nœux-les-Mines sur un ancien terril est l’exemple le plus célèbre), mais elle se développe. Des centres existent en Belgique, aux Pays-Bas ou au Royaume-Uni.
C’est une expérience de voyage insolite : skier avec vue sur une ville ou une forêt verte en plein été. C’est aussi une solution d’avenir pour les stations de basse altitude qui cherchent à se diversifier face au manque de neige (« Ski 4 Saisons »).


Foire Aux Questions (FAQ)

🕯️ Faut-il farter les skis ?

Oui, mais avec une cire spéciale. La cire classique pour neige part en 2 descentes à cause de l’abrasion. Il faut utiliser des cires très dures ou des pâtes spécifiques pour « Dry Slope » qui résistent à la chaleur de friction.

🌧️ Peut-on skier quand il pleut ?

C’est même mieux ! La pluie lubrifie naturellement la piste. La glisse est plus rapide, plus fluide et plus proche de la sensation neige. Les habitués du Dry Ski préfèrent souvent les jours de bruine.

🏂 Est-ce possible en snowboard ?

Oui, tous les revêtements acceptent les snowboards. Attention aux fautes de carre (la « faute de carre avant » pardonne encore moins que sur la neige), portez des protège-poignets impérativement.

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