Paquebot de croisière naviguant à pleine vitesse en haute mer, laissant un large sillage d'écume.

Quelle est la vitesse réelle d’un bateau de croisière ?

Lorsque l’on observe ces géants des mers, hauts comme des immeubles de quinze étages, glisser sur l’horizon, on a souvent une impression de lenteur majestueuse. Pourtant, déplacer une masse d’acier de 100 000 ou 200 000 tonnes demande une puissance phénoménale. Si vous préparez votre premier voyage ou si vous êtes simplement curieux de la mécanique navale, vous vous demandez sûrement : à quelle allure ces villes flottantes se déplacent-elles ? La vitesse d’un bateau de croisière n’est pas une donnée fixe : elle dépend de l’itinéraire, de la météo et surtout de la consommation de carburant, qui devient exponentielle dès que l’on pousse les manettes des gaz.

Les infos à retenir

  • La moyenne : La vitesse de croisière standard se situe entre 20 et 22 nœuds, soit environ 37 à 40 km/h. C’est le rythme optimal pour le confort et la consommation.
  • 🚀 Le recordman : Le Queen Mary 2 est une exception. Conçu comme un « Liner » transatlantique, il peut atteindre 30 nœuds (56 km/h) pour traverser l’Atlantique en moins de 6 jours.
  • 📉 L’économie d’énergie : Pour réduire l’empreinte carbone et la facture de fioul, les compagnies pratiquent le « Slow Steaming » (navigation lente) autour de 12-15 nœuds la nuit.
  • 🌊 La sensation : Sur un navire de cette taille, la vitesse est imperceptible. Seul le vent apparent sur le pont supérieur trahit le mouvement.

Nœuds vs Km/h : Comprendre l’allure

Dans le monde maritime, on ne parle pas en kilomètres par heure, mais en nœuds. Un nœud correspond à un mille marin (1852 mètres) par heure. Pour convertir grossièrement, il faut multiplier les nœuds par deux (et retirer 10% pour être précis) pour avoir des km/h. La majorité des paquebots modernes (MSC, Costa, Royal Caribbean) ont une vitesse de service (vitesse commerciale) de 21 à 23 nœuds. Cela peut sembler peu comparé à une voiture, mais pour un objet déplaçant autant d’eau, c’est considérable. À cette vitesse, le navire parcourt environ 1000 kilomètres en 24 heures, ce qui lui permet de relier Marseille à Barcelone ou Gênes en une nuit, pendant que les passagers dorment ou profitent du casino.

Pourquoi ne vont-ils pas plus vite ?

Techniquement, on pourrait construire des navires plus rapides. Mais trois facteurs limitent cette course à la vitesse.

1. Le mur de l’eau (Hydrodynamisme)

La résistance de l’eau augmente avec le carré de la vitesse. Pour passer de 20 nœuds à 24 nœuds, il ne faut pas ajouter 20% de puissance en plus, mais souvent 50% ou plus. La carène d’un paquebot est optimisée pour la stabilité et le volume (pour mettre un maximum de cabines), pas pour fendre l’eau comme une frégate militaire. Pousser un tel navire au-delà de 24 nœuds créerait une vague d’étrave monstrueuse et des vibrations désagréables pour les passagers.

2. La consommation de carburant

C’est le nerf de la guerre. Un géant comme l’Oasis of the Seas consomme plusieurs tonnes de carburant par heure. Réduire la vitesse de seulement 2 nœuds peut faire économiser des dizaines de milliers d’euros sur une traversée. C’est pourquoi les capitaines ajustent la vitesse en permanence pour arriver « juste à l’heure » au port suivant, sans jamais presser le pas inutilement.

3. Le confort des passagers

La vitesse génère du vent apparent. À 25 nœuds, il devient difficile de tenir debout sur le pont supérieur ou de boire un cocktail sans qu’il ne s’envole. De plus, la vitesse accentue les mouvements du navire dans la houle. Pour éviter le mal de mer, la douceur est privilégiée.


Comparatif des vitesses sur l’eau

Pour mieux situer la performance d’un bateau de croisière, voici un tableau comparatif des différents types de navires que vous pouvez croiser.

Type de NavireVitesse Moyenne (Nœuds)Vitesse Moyenne (Km/h)Usage
Paquebot de Croisière20 – 22 nds37 – 41 km/hTourisme confortable
Queen Mary 2 (Liner)28 – 30 nds52 – 56 km/hTransatlantique rapide
Ferry (Corse/Manche)24 – 28 nds45 – 52 km/hTransport rapide
NGV (Navire Grande Vitesse)35 – 40 nds65 – 74 km/hNavettes inter-îles
Porte-Conteneurs16 – 24 nds30 – 45 km/hTransport de marchandises
Voilier de plaisance6 – 8 nds11 – 15 km/hLoisir

L’exception des « Liners »

Il faut distinguer le navire de croisière (Cruise Ship), qui est un hôtel flottant qui tourne en rond dans les Caraïbes ou la Méditerranée, du Transatlantique (Ocean Liner). Le seul vrai Liner encore en service est le Queen Mary 2. Sa coque est plus fine, son étrave plus longue et sa puissance démesurée. Il est conçu pour affronter l’Atlantique Nord en hiver à pleine vitesse pour respecter un horaire strict entre Southampton et New York. Là où un navire de croisière classique serait obligé de ralentir face à la tempête pour ne pas casser la vaisselle, le QM2 « fonce dans le tas ».


Le rythme idéal du voyage

En croisière, le but n’est pas d’arriver vite, mais de profiter du voyage. La vitesse de 20 nœuds est le compromis historique parfait qui permet de se réveiller dans un nouveau pays chaque matin, tout en dînant tranquillement sans renverser son verre de vin le soir.


Foire Aux Questions (FAQ)

🤢 Est-ce que la vitesse donne le mal de mer ?

Non, c’est le contraire. Plus un bateau va vite, plus ses stabilisateurs (des ailerons sous l’eau) sont efficaces. À l’arrêt ou à basse vitesse, le roulis est plus fort. La vitesse stabilise le navire.

🛑 Peuvent-ils s’arrêter vite ?

Non. Lancé à 20 nœuds, un paquebot a besoin de plusieurs kilomètres (2 à 3 km) pour s’arrêter totalement (« Crash Stop »). L’inertie est gigantesque.

🌪️ Quelle vitesse en cas de tempête ?

En cas de gros temps, le capitaine réduit la vitesse (parfois à 5 ou 8 nœuds) pour simplement « tenir la cape » face aux vagues et éviter que le navire ne tape trop fort, préservant ainsi la structure et le confort.

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