Avec leur surnom d' »Îles du Printemps éternel », les Canaries attirent chaque année des milliers de retraités européens, notamment français, allemands et britanniques. À seulement 4 heures de vol de Paris, cet archipel espagnol offre un dépaysement total sans quitter l’Union Européenne. Mais au-delà des cartes postales de plages volcaniques, vivre aux Canaries à la retraite est-il un choix rationnel économiquement ? Entre une fiscalité adoucie (l’IGIC), un coût de la vie inférieur à la métropole et un système de santé aux normes européennes, l’équation semble parfaite. Cependant, s’installer sur une île demande une préparation administrative rigoureuse pour éviter les désillusions.
Les infos à retenir
- ☀️ Le Climat : C’est l’argument n°1. Avec des températures oscillant entre 18°C et 25°C toute l’année, les factures de chauffage sont inexistantes, ce qui est un gain énorme pour le budget.
- 💰 Le Coût de la vie : Globalement 20% à 30% moins cher qu’en France. L’essence, l’alcool, le tabac et les sorties au restaurant sont très abordables grâce à une TVA locale réduite.
- 🏥 La Santé : En tant que résident européen, vous avez accès au système de santé public espagnol (gratuit et de qualité). Les hôpitaux de Tenerife et Grande Canarie sont ultra-modernes.
- 📝 La Fiscalité : Les Canaries ne sont pas un paradis fiscal (liste noire), mais une zone à fiscalité réduite. La TVA n’existe pas, remplacée par l’IGIC à 7% (contre 20% en France).
Le coût de la vie : Le pouvoir d’achat retrouvé
Pour un retraité français touchant une pension moyenne, les Canaries offrent un reste à vivre bien supérieur. Cette différence s’explique principalement par le régime fiscal spécifique de l’archipel (Zone Spéciale Canarie).
Le logement reste le poste principal. Si les zones ultra-touristiques comme Las Americas à Tenerife ou Maspalomas à Gran Canaria affichent des loyers élevés, s’éloigner de 10 kilomètres dans les terres permet de trouver des maisons ou appartements avec terrasse pour 600 à 800 € par mois.
Côté alimentation, les produits locaux (fruits tropicaux, poissons) sont bon marché. Faire ses courses coûte environ 30% moins cher qu’en France. Enfin, les charges fixes sont minimes : pas de chauffage, peu de climatisation si le logement est bien ventilé par les alizés, et une essence autour de 1,10 € le litre.
Quelle île choisir pour sa retraite ?
L’archipel est diversifié et votre choix dépendra de votre style de vie.
Tenerife et Gran Canaria sont les îles « capitales ». Elles sont idéales si vous recherchez une vie culturelle riche, des hôpitaux universitaires, des centres commerciaux et une communauté d’expatriés active. Le Nord de Tenerife (Puerto de la Cruz) est particulièrement prisé des seniors pour sa végétation luxuriante et son ambiance plus authentique.
Lanzarote et Fuerteventura s’adressent davantage aux amoureux de la nature sauvage, du vent et des paysages lunaires. Si la qualité de vie y est exceptionnelle, l’offre de soins spécialisés y est moins dense, nécessitant parfois un transfert en avion vers les îles capitales pour des opérations complexes.
Enfin, La Gomera ou El Hierro conviendront aux ermites amoureux de la randonnée et du silence, acceptant un certain isolement logistique.

Démarches administratives : Le NIE vert
Pour vivre plus de 3 mois sur place, vous devez vous enregistrer comme résident. La première étape est l’obtention du NIE (Numéro d’Identification d’Étranger). C’est le sésame indispensable pour ouvrir un compte bancaire, acheter une voiture, louer un appartement ou souscrire un abonnement internet.
Une fois installé, vous devrez procéder à l’Empadronamiento, l’inscription à la mairie de votre domicile. Ce statut vous donne droit à des réductions spectaculaires (souvent 75%) sur les billets d’avion et de bateau entre les îles et vers l’Espagne continentale !
Concernant la santé, il vous faudra transférer vos droits via le formulaire S1 (demandé à votre caisse de retraite française) pour être couvert par la « Seguridad Social » espagnole, vous donnant accès aux soins gratuits.
L’avis du conseiller en gestion de patrimoine
« Attention à la résidence fiscale. Si vous passez plus de 183 jours aux Canaries, vous devenez résident fiscal espagnol. L’Espagne impose les revenus mondiaux. Il n’y a pas de double imposition avec la France grâce à la convention fiscale, mais l’impôt sur le revenu espagnol peut être progressif. En revanche, l’impôt sur la succession varie selon les régions, et les Canaries offrent des abattements très intéressants (99,9% pour les proches), ce qui est un atout majeur pour la transmission. »
Une qualité de vie incomparable
Vivre en short toute l’année a un impact direct sur le moral et les douleurs rhumatismales. Si l’éloignement familial est gérable grâce aux nombreux vols low-cost, les Canaries sont objectivement l’un des meilleurs spots de retraite d’Europe.
Foire Aux Questions (FAQ)
🚗 Faut-il importer sa voiture ?
C’est souvent une mauvaise idée. Les frais de douane et de ré-immatriculation sont complexes et coûteux (environ 1000 à 1500 € + tracasseries administratives). Mieux vaut vendre votre véhicule en France et en racheter un sur place, le marché de l’occasion étant dynamique.
🗣️ Faut-il parler espagnol ?
Dans les zones touristiques, on parle anglais et parfois français. Mais pour l’administration, le médecin et l’intégration réelle avec les locaux, apprendre les bases du castillan est indispensable pour ne pas rester dans une bulle d’expatriés.
🐶 Puis-je emmener mon animal ?
Oui, avec un passeport européen pour animaux, vacciné contre la rage et pucé. Les compagnies aériennes (Transavia, Vueling) acceptent les animaux, parfois en cabine s’ils sont petits.









