Gros cancrelat américain volant typique du climat tropical de La Réunion.

Cafards à La Réunion : espèces, risques, prévention et éradication

À La Réunion, croiser un cafard volant n’a rien d’exceptionnel : le climat tropical humide favorise les espèces volantes, que l’on rencontre aussi bien dans les habitations que dans les jardins ou les sous-bois, du studio climatisé à la case en tôle. Ces insectes restent globalement inoffensifs pour l’homme, même si certains peuvent véhiculer des germes ou déclencher des allergies en cas d’infestation domestique importante. Fait plus récent et moins connu : l’insectarium de l’île a identifié en 2026 deux nouvelles espèces exotiques invasives, dont la blatte du Turkestan, probablement introduite via le commerce d’animaux de terrarium. En cas d’infestation persistante dans un logement, une intervention professionnelle de désinsectisation reste la solution la plus fiable, un simple insecte isolé au jardin ne justifiant en revanche aucune inquiétude particulière.

Ce qu’il faut retenir

  1. 🌴 Deux espèces dominantes sur l’île : la grande blatte américaine volante d’extérieur (4 à 5 cm) et la petite blatte germanique de cuisine (1 à 1,5 cm).
  2. 🌧️ L’été austral favorise les invasions : la chaleur et l’humidité accélèrent la reproduction et font remonter les insectes des réseaux d’égouts.
  3. 🦠 Des vecteurs de bactéries et d’allergènes : ils transportent sur leurs pattes salmonelles et colibacilles et déclenchent des crises d’asthme.
  4. 🎯 Le gel appât insecticide professionnel : la méthode d’éradication reine pour contaminer toute la colonie par effet cascade dans le nid.

Quelles sont les espèces de cafards et blattes présentes à La Réunion ?

Pour lutter efficacement contre ces insectes, il est indispensable d’identifier l’espèce en cause, car leurs modes de vie, lieux de nidification et comportements diffèrent radicalement sous le climat tropical réunionnais.

Les habitations de l’île sont principalement confrontées à deux grands types de cancrelats :

  • La blatte américaine (Periplaneta americana) : appelée communément le gros cafard volant ou « cancrelat ». De couleur brun-rougeâtre, elle mesure entre 3,5 et 5 cm. Elle vit principalement à l’extérieur, dans les fosses septiques, les regards d’eaux pluviales, les sous-sols et les jardins humides. Attirée par la lumière le soir, elle pénètre dans les maisons en volant par les fenêtres ouvertes ou en remontant par les siphons de douche et d’éviers.
  • La blatte germanique (Blattella germanica) : beaucoup plus petite (1 à 1,5 cm), de couleur brun clair avec deux bandes sombres sur le thorax. Elle vit exclusivement à l’intérieur des maisons, cachée dans les moteurs d’électroménager (cafetière, micro-ondes, compresseur de frigo) et les fissures de placards. Elle ne vole pas mais se reproduit à une vitesse vertigineuse (une femelle pond des centaines d’œufs par an).
  • La blatte orientale et la blatte rayée : observées plus ponctuellement dans les zones sombres et humides ou sous les toitures en tôle.

Identifier si l’intrus est un gros cafard isolé venu du jardin ou une colonie de petites blattes germaniques dans la cuisine détermine directement la stratégie de traitement.


Quels sont les risques sanitaires et matériels liés à leur présence dans la maison ?

Au-delà de la répulsion visuelle et de l’odeur musquée désagréable qu’ils dégagent, les cafards représentent un vrai danger pour l’hygiène domestique.

Le tableau ci-dessous récapitule les menaces sanitaires et domestiques associées à une infestation :

Type de nuisance ou de risqueMode de contamination et manifestationsConséquences sur la santé des habitants
Transmission de germes pathogènesTransport mécanique de bactéries fécales sur leurs pattes après passage dans les égouts.Gastro-entérites aiguës, salmonellose, fièvre typhoïde et colibacilloses alimentaires.
Allergies respiratoires et cutanéesInhalation de poussières issues de leurs déjections séchées et mues de chitine.Crises d’asthme sévères chez les enfants, rhinites allergiques chroniques et eczéma.
Souillure et dégradation des alimentsDépôt d’excréments noirs (semblables à du poivre moulu) dans les paquets de riz, farine, sucre.Pertes alimentaires et intoxication par ingestion de produits souillés.
Dégâts sur les appareils électriquesInfiltration dans les circuits imprimés chauds de box internet, plaques induction, frigos.Courts-circuits électriques fréquents et pannes irrémédiables de l’électroménager.

Sous les tropiques, la prolifération rapide des bactéries sur les denrées alimentaires contaminées par les cafards impose une rigueur d’hygiène quotidienne irréprochable.

Le conseil d’un professionnel de la désinsectisation (3D) à Saint-Denis

« À La Réunion, écraser un cafard avec une bombe insecticide aérosol classique ne sert strictement à rien sur le long terme : vous tuez l’insecte visible mais les phéromones alertent le reste du nid qui se disperse dans les faux-plafonds. Le seul moyen d’anéantir une colonie est d’utiliser des gouttes de gel professionnel à base de fipronil ou d’imidaclopride : les cafards mangent le poison, retournent mourir dans leur cachette et se font dévorer par leurs congénères, ce qui détruit tout le nid par contamination en cascade. »

Quels sont les gestes de prévention indispensables pour protéger sa case sous les tropiques ?

Le climat chaud et humide de l’île attire naturellement les insectes vers les sources d’eau et de nourriture : limiter leur accès est la première barrière défensive.

Les règles de protection indispensables comprennent :

  • Le stockage hermétique de toutes les denrées : enfermer le riz, le sucre, la farine, les pâtes et les croquettes pour animaux dans des bocaux en verre ou des boîtes plastiques hermétiques à joint.
  • La gestion stricte des poubelles et des miettes : vider la poubelle de cuisine tous les soirs dans le bac extérieur fermé et nettoyer immédiatement les plans de travail et l’évier.
  • La pose de grilles anti-insectes sur les évacuations : obturer les bondes de douche, d’éviers et les regards extérieurs avec des crépines fines métalliques pour bloquer la remontée nocturne des gros cancrelats.
  • L’élimination des cartons de livraison : ne conservez jamais de cartons ondulés d’emballage dans la case, car la colle d’amidon et les alvéoles de carton constituent le gîte de ponte préféré des blattes.

Couper l’accès à l’eau en réparant les fuites sous les éviers décourage rapidement l’installation durable des insectes qui ne peuvent survivre sans humidité.

Application de gel insecticide professionnel dans les recoins d'une cuisine à La Réunion.

Quelles méthodes d’éradication naturelles et chimiques choisir ?

Selon l’ampleur de l’infestation, plusieurs solutions curatives permettent de reprendre le contrôle de son logement.

Pour un traitement naturel ou préventif, la terre de diatomée (poudre minérale de silice fossile) saupoudrée derrière les plinthes, sous le réfrigérateur et au fond des placards blesse la carapace des insectes par micro-coupures et les déshydrate en 48 heures sans danger pour les enfants ni les animaux domestiques. Le mélange traditionnel de bicarbonate de soude et de sucre en poudre à parts égales déposé dans des coupelles constitue également un piège économique efficace.

En cas d’invasion avérée de petites blattes germaniques dans les meubles de cuisine, l’utilisation d’un gel appât insecticide professionnel (type Goliath Gel ou Maxforce) est indispensable. Déposez de micro-gouttes de gel de la taille d’une tête d’épingle dans tous les recoins sombres et chauds (charnières de placards, derrière le micro-ondes, moteur du frigo) tous les mètres. L’infestation est éradiquée en 7 à 15 jours.

Quand faut-il faire appel à une société de désinsectisation spécialisée à La Réunion ?

Lorsque l’infestation touche l’ensemble d’un bâtiment collectif, les faux-plafonds en bois ou une case ancienne avec varangue, l’intervention d’une entreprise agréée 3D (Dératisation, Désinsectisation, Désinfection) s’impose.

Les professionnels disposent de produits biocides réservés aux applicateurs certifiés Certibiocide et d’équipements de nébulisation ou fumigation thermique capables d’atteindre les nids nichés dans les combles, les cloisons creuses et le réseau des gaines techniques. Comptez entre 120 € et 250 € pour un traitement complet d’une maison individuelle, incluant généralement un passage de contrôle 3 à 4 semaines plus tard pour détruire la seconde génération issue des œufs qui viennent d’éclore.


Foire Aux Questions (FAQ)

🪳 Pourquoi les gros cafards volent-ils surtout pendant l’été austral à La Réunion ?

La blatte américaine vole principalement lorsque la température extérieure dépasse 28 à 30 °C avec un fort taux d’humidité. Cette météo estivale stimule leurs muscles alaires et correspond à leur période d’accouplement et d’essaimage nocturne, ce qui explique pourquoi ils s’invitent par les fenêtres ouvertes lors des chaudes soirées de décembre à mars.

🦎 Les margouillats et geckos dans la maison mangent-ils les cafards ?

Oui ! Le margouillat blanc (Hemidactylus) et le gecko vert des hauts sont de précieux alliés écologiques dans les cases réunionnaises. Ils chassent activement les moustiques, papillons de nuit et dévorent les jeunes larves de cafards. En revanche, un gros cancrelat américain adulte de 5 cm est trop volumineux pour être avalé par un simple margouillat.

🏠 Est-ce la responsabilité du propriétaire ou du locataire de payer la désinsectisation ?

Conformément à la loi sur les baux d’habitation, le propriétaire bailleur a l’obligation de délivrer un logement décent exempt de nuisibles : si l’infestation est constatée à l’entrée dans les lieux, les frais de désinsectisation incombent au propriétaire. Si l’invasion survient en cours de bail du fait de l’occupation, les produits d’entretien courant et l’intervention relèvent des charges locatives incombant au locataire (sauf si l’infestation provient des parties communes de la copropriété).

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